Avec une croissance de 6,5% en 2006 qui sera comprise entre 6 et 8% en 2007, observe Jean Mounet Président de Syntec Informatique, le marché français des logiciels et services se situe dans la bonne moyenne européenne. Cette dernière a été de 6% en 2006 et devrait être similaire en 2007. La croissance demeure supérieure en Espagne (8% en 2006, 7 à 9% attendus en 2007) et au Royaume-Uni (7% en 2006, 6 à 8% attendus en 2007).
Les principales tendances du secteur, indique-t-il, sont une croissance solide dans un contexte économique peu porteur, croissance tirée par les volumes, les prix restant bas, notamment par rapport aux autres pays européens. A commencer par le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Scandinavie et les Pays Bas « qui pratiquent des tarifs très supérieurs à profils équivalents ». Il note également le retour des projets innovants de transformation « très encourageants pour nos métiers mais aussi pour l’économie française en général ». Revers du dynamisme du secteur : une tension accrue sur les ressources humaines, avec des difficultés de recrutement pour deux tiers des entreprises et des turnover en hausse.
2006 : conseil, TMA et logiciels embarqué
La croissance a été assez homogène en 2006, sur l’ensemble des métiers : +7,5% sur le conseil, redevenu extrêmement dynamique après les années noires 2002/2004, a souligné Jean Mounet. Ce qui est le prélude à d’importants projets de transformation. Les métiers de l’ingénierie et de l’intégration enregistrent 5,5% de croissance, dans des proportions diverses : +6,5% pour l’intégration, +4% seulement sur le métier du développement et de l’assistance technique.
La croissance du marché de l’infogérance a été de 6%, tiré par celui de l’infogérance applicative (+10%), alors que celui de l’infogérance d’infrastructures n’a progressé que de 5%. Le marché du conseil en technologies et R&D externalisée reste dynamique avec 8% de croissance sur l’année. Enfin le marché des logiciels affiche une progression globale de 6%, , avec 5,5% de croissance sur les logiciels outils et 6% sur les logiciels applicatifs.
Côté secteur d’activité, l’année 2006 a été marquée par le dynamisme retrouvé du secteur bancaire et financier, qui affiche 8% de croissance de ses dépenses en logiciels et services. Ce que Jean Mounet attribue à trois causes : la mise à niveau réglementaire, les fusions et les innovations visant à proposer de nouveaux services aux clients.
La croissance du marché a été de 6% dans le secteur public, les télécoms et média, le secteur des « utilities » et celui du commerce et de la distribution et de 5% dans le secteur Transport, tourisme et services. L’industrie affiche seulement 4% de croissance, pénalisé par les déconvenues des secteurs automobile et aéronautique.
2007 dans la continuité, avec une hausse de l’infogérance
Les prévisions 2007 prévoient une croissance un peu supérieure à 2006 sur l’ensemble des métiers de la branche : +8% en conseil, +6% en ingénierie et intégration (+7% en intégration, +4,5% en développement et assistance technique), +7,5 en infogérance grâce au maintien d’une croissance de 10% en infogérance applicative et une progression de 7% du marché de l’infogérance d’infrastructures. Le marché du conseil en technologies et R&D externalisée devrait à nouveau enregistrer une croissance de l’ordre de 8%, conforté par le dynamisme de l’informatique embarquée. Enfin, sur le marché des logiciels, une croissance de 7% est attendue sur les logiciels applicatifs et de 5,5% sur les logiciels d’infrastructures ou outils.
Parmi les secteurs clients, la croissance des dépenses devrait être ralentie dans le secteur public, année électorale oblige, de même que dans les télécoms et médias et dans l’industrie. Elle devrait en revanche être encore supérieure à celle de 2006 dans le secteur financier, celui des utilities et celui du commerce et de la distribution.
Des dirigeants optimistes
Syntec informatique a pour la première fois rendu public son indicateur de confiance, un baromètre que la chambre syndicale prépare depuis plusieurs années. Ce dernier vise à mesurer la perception des dirigeants des adhérents Syntec sur les six mois passés en termes de prix facturés, d’intercontrat et de taux d’activité et les six mois à venir pour la partie carnet de commandes, évolution des prix. La bonne nouvelle étant que cet indice ne cesse de progresser depuis dix huit mois : sur une base 100 il était de 110 en août 2005, de 117 un an plus tard et de 123 en février dernier. Ce qui, remarque Jean Mounet, montre que les entreprises du secteur ont « une bonne confiance dans une croissance solide ».
L’offshore représente 3% du marché des services
Une des tendances du secteur étant l’accélération de l’industrialisation dans les services, la partie émergence en est bien sûr l’offshore. Un phénomène qui s’accélère incontestablement, souligne Jean Mounet, mais qui ne représente aujourd’hui que 3% du chiffre d’affaires des services. Un offshore encore majoritairement européen et méditerranéen qui concerne les métiers des réalisation et test des projets d’intégration, les back offices TMA et infogérance applicative et, ceci est plus nouveau, une part limitée de l’infogérance d’infrastructures (télé exploitation et télé pilotage).
Agacé par les doutes émis sur ces chiffres, Jean Mounet a souligné que ceux communiqués par les adhérents Syntec Informatique se recoupent avec les chiffres émanant des clients via le Cigref et ceux de son homologue indien. Selon lui, la croissance de l’offshore est accélérée par la recherche croissante de réduction des coûts, la rareté croissante des ressources et la présence des acteurs indiens en France. Toutefois, le marché est entré dans une phase de maturité : « les clients ont compris ce qu’il pouvaient en attendre », sans surestimer les gains, et sans sous estimer les différences culturelles et linguistiques à surmonter.
Source : itrmanager.com
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