Les événements de Sa’a ont abouti à une bavure. Un élève ayant été blessé par balle par un des éléments des forces de l’ordre appelé en renfort. Sa’a est loin d’être un cas isolé. Pendant les deux premières semaines de ce mois de mars, les établissements scolaires de la ville de Buéa ont été perturbés par une vague de revendications similaires. L’argent des cours d’informatique était encore au centre de la controverse.
Tout cela montre que l’introduction de l’informatique dans le système scolaire camerounais connaît actuellement deux vitesses. D’une part, il y a les établissements pourvus d’un centre de ressources multimédia, comme à Yaoundé le lycée Général Leclerc et le lycée bilingue d’Essos, pionniers grâce à l’action personnelle du chef de l’Etat. Mais aussi certains collèges privés bien équipés. Ici, le train est en marche, même si le ratio élève-ordinateur est loin d’être satisfaisant. Et d’autre part, les établissements qui doivent trouver eux-mêmes les ressources matérielles et humaines pour s’arrimer.
Ici, le même problème survient généralement : l’argent. En général les responsables demandent aux élèves de payer 5000 F. Ce taux peut cependant varier en fonction de l’établissement. Dans certains établissements, 1500 à 2000 F sont réclamés pour les cours d’informatique. Et dans beaucoup de cas, les Associations de parents d’élèves perçoivent et gèrent cet argent.
Mais les choses ne se passent pas toujours comme prévu. Conséquence : le paiement des frais d’informatique est jusqu’ici le principal frein à l’avancée du processus. Avec d’un côté, les responsables qui estiment que les parents n’ont pas compris les enjeux. Et de l’autre, les parents qui pensent qu’on leur en demande trop. Donc, tout le monde ne veut pas payer. Et ceux qui ne paient pas pénalisent forcément les autres. Parce que l’argent collecté ne suffit pas toujours pour solliciter et payer les services d’un prestataire qui va fournir ordinateurs et moniteurs. Au bout du compte, le processus est souvent bloqué. D’où les nombreuses grognes enregistrées au cours de cette année scolaire qui tire à sa fin. Dans bien des cas, ça se termine par un remboursement à ceux qui avaient donné les frais, ce qui signifie que tout est à recommencer l’année d’après. Tout à fait contraire à la démarche.
Cela dit, beaucoup d’efforts sont fournis de manière générale pour que l’informatique devienne une réalité dans le système éducatif camerounais. Les divers établissements se débrouillent quand même pour se mettre à la page, même si les difficultés évoquées plus haut peuvent décourager. Et si les choses se mettent progressivement en place, reste à atteindre un niveau satisfaisant.
Et sur ce plan, il y a du chemin. Par exemple, vu les effectifs des lycées et collèges — dans les grandes villes, on tourne autour de 5000 élèves — il se pose un problème d’organisation, notamment pour les enseignements pratiques. Comment former une classe de 80 élèves quand on ne dispose que de 50 ordinateurs ? Voilà l’équation que s’attèlent à résoudre la plupart des chefs d’établissements. C’est loin d’être une partie de plaisir. Mais 50 ordinateurs, c’est déjà mieux que rien. De toute façon, on n’arrête pas le progrès.
Source : camer.be
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